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Réflexions au jour le jour sur le révolutionnaire Louis de Saint-Just, son œuvre et son action politique

  Je consacre depuis vingt ans mes recherches à Saint-Just, son éloquence et ses idées en faveur d’une organisation sociale égalitaire. Sur ce blog, je publie des textes qui, pour la plupart, sont de courtes enquêtes à partir des écrits de Saint-Just ou de documents d’époque permettant de mieux le connaître. Il complète mon site Internet où sont rendus compte de mes livres et articles scientifiques consacrés à Saint-Just.       Formulaire pour me contacter
Articles récents

La célébrité de Saint-Just en janvier 1793

  Dès janvier 1793, Saint-Just était suffisamment célèbre pour que lui soient adressées des lettres écrites par des correspondants ne le connaissant que par ses discours à la Convention. C’est en effet ce qu’il ressort d’un entrefilet du Supplément au Journal de Paris national (supplément numéroté 6 au Journal de Paris du 25 janvier 1793). Il s’agit d’une lettre destinée « aux Auteurs du Journal » rédigée en ces termes : «  Le 20 janvier 1793, l’an 2 e de la République, C’est par erreur, sans doute involontairement, que le Citoyen Baudouin, Imprimeur du Journal des débats de la Convention, a ajouté le nom de Merard au nom d’un Député du Département de l’Aisne à la Convention Nationale, qui signe seulement Saint-Just . Cette erreur, copiée par plusieurs Journalistes, est cause qu’on m’adresse des lettres comme si j’étois Député. MERARD-ST-JUST.  » L’auteur de cette lettre est Simon-Pierre Mérard de Saint-Just (1749-1812), que j’ai eu l’occasion d’évoquer dans un article

Sur la prononciation du nom Saint-Just

  Il n’est pas facile, pour qui n’a pas de voiture, de se rendre à Blérancourt dans la Maison de Saint-Just. Arrivé à Noyon depuis la Gare du Nord, le voyageur doit avoir commandé un taxi (il s’en trouve rarement à la gare de cette ville) qui, après un trajet dans la campagne d’une vingtaine de minutes, le conduira jusqu’à ce village de l’Aisne où Saint-Just a longtemps vécu. Pour son retour sur Paris, il est d’ailleurs préférable qu’il ait convenu d’une heure de retour avec le conducteur du taxi qui l’a pris en charge, car il n’en trouvera pas à Blérancourt ou dans ses environs. De Noyon à Blérancourt, le trajet est agréable et la conversation du conducteur de taxi (celui que j’ai l’habitude de prendre, du moins) toujours intéressante. Alors que je me rendais la semaine dernière dans la Maison de Saint-Just pour y faire quelques aménagements et avoir le plaisir de nous y trouver à date anniversaire du Conventionnel, je m’aperçus que notre chauffeur ne prononçait pas les dernières le

La signature de Saint-Just

J’ai toujours aimé la signature de Saint-Just, son élégance et son dynamisme. Comme il n’existe à ma connaissance pas de relevés de celle-ci, j’ai réalisé un petit document présentant son évolution au cours du temps . Il est lacunaire (en particulier, je ne dispose pas pour le moment de signatures pour les années 1791 et 1792) mais j’essaierai de le compléter progressivement. L’évolution de la signature de Saint-Just entre 1790 et 1793-1794 est frappante. La différence la plus marquante se situe à la fin du paraphe. Dans les signatures des lettres à Robespierre, à Desmoulins et à Garot (mai-août 1790), le révolutionnaire a simplement relevé la plume après avoir achevé le second t , sans tracer de b arre au t dans le cas des lettres à Robespierre et à Garot (celle à Desmoulins comporte en revanche une longue barre de t ayant parachevé le paraphe). Mais à l’été 1793 et dans presque toutes les signatures des mois qui suivent, jusqu’au 9 thermidor an II (27 juillet 1794), Saint-Just

Mises à jour concernant Saint-Just et ses lectures

Je viens de publier deux nouveaux textes dans la section « Saint-Just » de mon site Internet . Le premier est un texte, écrit en collaboration avec Frédéric Crucifix, qui s’intitule « Louis-Antoine de Saint-Just : les lectures d’un dirigeant politique dans les temps révolutionnaires » . Il revient, dans une format court, sur les goûts et les préférences intellectuelles de ce révolutionnaire telles qu’elles ressortent du choix des livres de sa bibliothèque. Le second texte présente, avec des photographies, un livre ayant appartenu à Saint-Just actuellement conservé sur le site Tolbiac de la Bibliothèque nationale de France.

Sur un ou deux portraits de Saint-Just : une visite au Musée Carnavalet

Ce n’est qu’avant-hier que j’ai visité les salles révolutionnaires du Musée Carnavalet, un peu comme si, attablée devant des mets délicieux, j’avais souhaité repousser le moment du repas, afin de me ménager le plaisir d’imaginer ce que ces salles pourraient contenir, mais aussi de me remémorer les œuvres et les objets qui y étaient exposés avant leur modernisation. Traversant les salles révolutionnaires, je fus heureuse de constater que la plupart des pièces que j’aimais s’y trouvaient. J’ai juste regretté que les gouaches découpées de Lesueur, à la naïveté charmante, n’aient plus droit à la salle qui permettait de les exposer en grand nombre ; et j’ai été désolée de découvrir, dans une vitrine, un morceau d’une mâchoire présentée comme celle de Jean-Paul Marat, retrouvée par un fouilleur amateur dans le jardin du Luxembourg… Je ne sais pas ce que les conservateurs du musée avaient en tête en décidant d’exposer cela. L’Ami du Peuple mériterait en tout cas plus de respect. Mais me voic

Un nouveau film documentaire de Camille Vidal-Naquet

C’est avec beaucoup de plaisir mais aussi d’émotion que j’ai regardé La Chambre , le dernier film du réalisateur Camille Vidal-Naquet. Celui-ci m’avait fait l’amitié de tourner en 2011, à Blérancourt, une interview filmée de Bernard Vinot sur le sauvetage de la Maison de Saint-Just. Si le tournage lui-même n’avait duré qu’une journée, il avait été suivi d’un soigneux travail de montage et de mise en musique pour lequel Camille s’était entouré de Qutaiba Barhamji et de Vivien Villani. Depuis cette incursion à Blérancourt, Camille Vidal-Naquet a remporté un succès mérité avec le long métrage Sauvage . Mais son intérêt pour le film documentaire lui a également fait réaliser Des Morts entres les mains (2020), sur les employés du service funéraire de la Ville de Paris, puis La Chambre (2021), son second volet, sur le quotidien de la chambre funéraire de l’hôpital Bichat. Comme les autres films de Camille, La Chambre est magnifiquement réalisée, et son propos rare et émouvant. Le fim est

Une lecture du Discours du 9 Thermidor

Le comédien Antoine Charneau a enregistré et mis en ligne une lecture du dernier discours de Saint-Just à la Convention nationale, le 26 juillet 1794, connu sous le nom de Discours du 9 Thermidor . Dans ce discours qu’il fut empêché de prononcer, Saint-Just s’efforçait de trouver une solution politique à la crise qui secouait le gouvernement depuis des mois et qui aboutit au coup d’État sanglant des 9-10 Thermidor. Cette belle interprétation rappellera à ceux qui étaient présents au Panthéon le 29 juillet 2017 la lecture théâtralisée de ce texte que j’avais aidé Antoine Charneau à préparer pour la manifestation en l’honneur de Robespierre, Saint-Just et leurs amis. Nous avions particulièrement travaillé la diction et la gestuelle à adopter d’après ce que les documents d’époque nous apprennent de l’action oratoire de Saint-Just. Lors de la commémoration au Panthéon, j’avais été impressionnée par le talent d’Antoine qui a redonné vie à ce discours. À noter : Le Discours du 9 Thermid