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Affichage des articles du janvier, 2023

Saint-Just et l’éloquence révolutionnaire, de la théorie à la pratique

Viennent de paraître aux éditions Classiques Garnier les Actes du colloque Éloquences révolutionnaires et traditions rhétoriques qui s’était tenu par visioconférence en mai 2021. J’y avais présenté une communication intitulée « Saint-Just et l’éloquence révolutionnaire, de la théorie à la pratique  » dans laquelle je montrais que le jeune révolutionnaire a sciemment modifié sa technique oratoire entre ses premières interventions à la Convention que sont le discours sur le procès de Louis XVI et celui sur les subsistances de novembre 1792, et ses grands discours de l’année 1794 (rapports dits de ventôse, rapports contre les factions, rapport sur la police générale, discours du 9 Thermidor). La dernière partie de ma communication portait sur l’éloquence de Saint-Just lors de ses missions qui, si elle resta limitée en nombre d’interventions, n’en fut pas moins frappante.              Voici le résumé de mon article tel qu’il est publié dans les Actes de ce colloque : « La réflexion su

Sur la datation de l’« Esprit de la Révolution et de la Constitution de France »

Pour plusieurs de ses écrits, Saint-Just a tenu à indiquer quand il en avait débuté la rédaction, en précisant de surcroît les circonstances qui l’avaient incité à les entreprendre. C’est le cas pour son Projet d’institutions républicaines qui, ainsi que je l’ai montré dans mon mémoire de thèse [1] , a été rédigé à partir de début avril 1794, après « la destruction des factions » hébertistes et dantonistes,   ainsi que Saint-Just l’écrit dans le manuscrit. De même, l’ Avant-Propos ouvrant son essai politique Esprit de la Révolution et de la Constitution de France donne une information sur la date à laquelle il commença sinon à rédiger son livre, du moins à en mûrir le projet. Il y écrit en effet : « Un Anglais m’en donna l’idée [comprendre : l’idée de ce livre] : ce fut M. de Cugnières , de la société philanthropique de Londres, dans une lettre savante qu’il écrivit à M. Thuillier , secrétaire de la municipalité de Blérancourt, quand elle brûla la déclaration du clergé. » [2] La