Accéder au contenu principal

Articles

Les enseignements du portrait Jubinal pour l’iconographie de Saint-Just

Mon précédent article sur le portrait de Saint-Just par Louise Angélique Verrier-Maillard m’a incitée à examiner de plus près le portrait à l’huile parfois appelé « portrait Jubinal » qui lui ressemble de très près. Ce portrait anonyme de Saint-Just a peu suscité l’intérêt, vraisemblablement en raison de sa piètre réalisation picturale. Pourtant, il comporte plusieurs détails qui donnent des informations nouvelles sur le physique du jeune Conventionnel mais aussi sur son iconographie. Le portrait Jubinal [1] fut acheté par le musée Carnavalet en 1883.   Après l’acquisition que ce musée fit en 1898 du portrait au pastel de Saint-Just par Verrier-Maillard [2] , il devint évident que ce pastel et le portrait Jubinal se ressemblaient trop pour que l’un n’eût pas été réalisé d’après l’autre. La facture du portrait Jubinal suffirait à montrer qu’il n’a pu servir de modèle au pastel, tant il lui est inférieur par le dessin général et par le rendu de certains aspects comme l...

Hypothèses sur un tableau attribué à Charles Jalabert et un autre portrait inconnu de Saint-Just

Un antiquaire de Limoges vend en ce début d’année une peinture à l’huile représentant Saint-Just d’assez jolie facture. Ce tableau inconnu des spécialistes est de toute évidence une copie du portrait au pastel qu’Angélique Louise Verrier-Maillard fit du révolutionnaire lorsqu’il siégeait à la Convention. Le portrait est daté de 1847 et signé, mais la signature n’est pas aisée à déchiffrer. Elle pourrait être celle de l’artiste nîmois Charles Jalabert (1818-1901) qui étudia dans l’atelier du peintre d’histoire Paul Delaroche puis, après un séjour à Rome, revint en 1847 à Paris où il devint un portraitiste en vogue [1] . L’année de réalisation du portrait de Saint-Just est compatible avec une attribution à Charles Jalabert qui, à cette date, était au début de sa carrière de peintre et donc susceptible d’accepter un travail de copiste. Durant cette période de sa vie, Jalabert fit des copies des œuvres d’autres artistes,   ainsi que le montre celle qu’il fit en 1852 d’un tableau d...

Sur un nouveau détail du portrait de Saint-Just de Carnavalet

Le portrait que la pastelliste Angélique Louise Verrier-Maillard fit de Saint-Just alors qu’il logeait à l’Hôtel des États-Unis est le seul dont on soit sûr qu’il le représente. L’histoire de ce portrait a été retracée par Catherine Gosseliovn et Louise Tuil dans un article qui ne laisse aucun doute sur son authenticité . J’ai pour ma part consacré à cet important portrait un texte dans lequel je montre, à partir d’un détail du pastel, que le petit « Croquis de tête d’homme » dessiné par Saint-Just durant ses années de collège fut pensé par lui comme un autoportrait. Dans cet article, je vais m’intéresser à un autre détail du portrait de Saint-Just par Verrier-Maillard qui n’a pas été remarqué jusqu’ici et qui permettra de préciser l’impression que l’orateur produisait à la tribune [1] . J’essaierai également, à la fin de cet article, d’ouvrir des perspectives pour une étude rigoureuse des portraits anciens du jeune révolutionnaire. C’est en 2021 lors de la réouverture de C...