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Saint-Just en pied : le dessin de Harriet pour « La Nuit du IX au X Thermidor de l'an II »

L'article précédent  a montré que le portrait de Saint-Just au physionotrace par Fouquet et Chrétien donne à voir le visage du Conventionnel tel qu’il était en l’an II alors qu’il siégeait au Comité de salut public. Dans ce nouvel article, je vais m’intéresser à une autre représentation de Saint-Just en 1794, celle de Fulchran Jean Harriet pour son dessin La Nuit du IX au X Thermidor de l’an II . Bien qu’il ait été réalisé postérieurement à la mort de Saint-Just, ce dessin du jeune Conventionnel donne en effet une impression de réalisme [1] qui m’a incitée à l’examiner de plus près en le comparant aux portraits qui ont été faits de lui de son vivant. Cette étude m’a paru d’autant plus pertinente que le dessin de Harriet est la seule représentation de Saint-Just en pied dont nous disposons. Conservée à la Bibliothèque nationale de France, La Nuit du IX au X Thermidor de l’an II est un dessin de grandes dimensions – cinquante-huit centimètres de large sur quarante-deux de haut ...

Un second portrait pour lequel Saint-Just a posé : le physionotrace de Fouquet et Chrétien

Il est désormais établi que le portrait au pastel de Saint-Just par Angélique Louise Verrier-Maillard fut fait d’après nature entre septembre 1792 et mars 1794, alors que le Conventionnel logeait à Paris à l’Hôtel des États-Unis. Dans cet article, je vais montrer que le portrait au physionotrace souvent considéré comme celui d’un homonyme de Saint-Just, ou d’un inconnu pris à tort pour lui, est bien un portrait du jeune révolutionnaire, et un portrait d’autant plus intéressant qu’il est le seul autre portrait de Saint-Just pour lequel il est certain qu’il a posé. Nous verrons qu’il peut également être daté assez précisément. Enfin, je reviendrai dans cet article sur la technique du physionotrace souvent considérée comme l’ancêtre de la photographie. Ce portrait gravé est inséré dans le premier volume d’un exemplaire « truffé » [1] d’ Organt conservé à la Bibliothèque municipale de Reims [2] . D’après Gustave Laurent, cet ouvrage avait successivement appartenu à une «...

Les enseignements du portrait Jubinal pour l’iconographie de Saint-Just

Mon précédent article sur le portrait de Saint-Just par Louise Angélique Verrier-Maillard m’a incitée à examiner de plus près le portrait à l’huile parfois appelé « portrait Jubinal » qui lui ressemble de très près. Ce portrait anonyme de Saint-Just a peu suscité l’intérêt, vraisemblablement en raison de sa piètre réalisation picturale. Pourtant, il comporte plusieurs détails qui donnent des informations nouvelles sur le physique du jeune Conventionnel mais aussi sur son iconographie. Le portrait Jubinal [1] fut acheté par le musée Carnavalet en 1883.   Après l’acquisition que ce musée fit en 1898 du portrait au pastel de Saint-Just par Verrier-Maillard [2] , il devint évident que ce pastel et le portrait Jubinal se ressemblaient trop pour que l’un n’eût pas été réalisé d’après l’autre. La facture du portrait Jubinal suffirait à montrer qu’il n’a pu servir de modèle au pastel, tant il lui est inférieur par le dessin général et par le rendu de certains aspects comme l...